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thebestkeyboard : trouver la meilleure disposition de clavier Linux pour votre usage


Reading Time: 3 minutes

On passe tous des années sur la même disposition de clavier, par habitude, sans jamais vérifier qu’elle correspond vraiment à ce qu’on tape. Et quand on envisage de changer — AZERTY, QWERTY, Bépo, Colemak, Dvorak, Ergo‑L… — la question devient vite insoluble : laquelle est réellement la meilleure pour mon usage ?

Les comparatifs existants répondent souvent à côté : ils classent les dispositions « dans l’absolu », avec des pondérations anglophones, sans tenir compte du fait que vous tapez du français, du code, du shell ou des e-mails toute la journée. C’est ce manque que comble thebestkeyboard, un outil que je viens de mettre en ligne.

Le principe : votre profil, pas une moyenne

L’outil ne vous impose pas un classement. Vous décrivez ce que vous tapez :

  • des langues, pondérées (par exemple 40 % français, 40 % anglais, 10 % allemand) ;
  • des domaines : technique, médical, code (Python, Java, C++, JSON…), banque/finance, shell (bash, regex, MS-DOS) et bureau/messagerie (e-mails, chats, Jira, ServiceNow…) ;
  • et quelques réglages : part des chiffres sur la rangée du haut ou sur le pavé numérique, mode Vim, sévérité des modificateurs.

Vous pouvez aussi coller votre propre texte : l’analyse se fait alors sur votre réalité, pas sur un corpus générique. Tout est calculé dans le navigateur — aucune donnée n’est envoyée, rien n’est stocké.


Ce que l’outil vous répond

1. Les dispositions qui vous conviennent le mieux

Les 649 variantes issues de la base XKB de Linux (142 dispositions, version 2.48 épinglée) sont notées, puis classées. Le classement met en avant les trois meilleures familles distinctes, puis un top 6, avec pour chacune le gain estimé par rapport à votre disposition actuelle : « +7,6 % » signifie que vous fourniriez moins d’effort pour le même texte.

2. Le détail, caractère par caractère

C’est la partie qui m’a le plus manqué dans les autres outils. Quand l’AZERTY français sort devant le clavier belge pour un profil shell, on veut savoir pourquoi. L’outil affiche donc les caractères qui font gagner et ceux qui font perdre : par exemple {, _, -, [ sont gratuits sur AZERTY français (rangée des chiffres non modifiée), alors que }, \ et @ y coûtent plus cher que sur le clavier belge. Le bilan est chiffré, la comparaison n’est plus une boîte noire.

3. Les échanges de touches à envisager

Pour une disposition donnée, un conseiller propose dix modifications concrètes — échanges de touches complètes ou déplacements d’un signe — classées par gain, avec un aperçu avant/après. Un moyen simple d’améliorer un clavier sans changer de disposition.


Comment le score est calculé

Le modèle est explicite et documenté, pas un réseau de neurones opaque. Chaque frappe a un coût qui combine la difficulté du doigt (index, majeur, annulaire, auriculaire), de la rangée et de l’écart latéral. S’y ajoutent les pénalités de bigrammes : même doigt, ciseaux (mouvements croisés), extensions latérales, et une récompense pour les roulements vers l’intérieur.

Les modificateurs sont modélisés sérieusement, car c’est là que se joue une grande partie du confort réel :

  • Maj ×2, AltGr ×3, et ×4 quand la touche visée est du même côté que AltGr — ce qui est précisément le cas de \ en AltGr+8 sur AZERTY français ;
  • le modificateur supplémentaire de certaines dispositions (Ergo‑L, Neo…), qui débloque deux couches de plus, souvent sur la rangée de repos ;
  • la distance entre le modificateur et la touche visée, parce qu’un AltGr vers la rangée des chiffres n’est pas un AltGr vers la rangée de repos.

Les pondérations, les constantes et leurs sources sont publiées dans la page Méthodologie de l’outil. Et l’outil est honnête sur ses limites : un tel score n’est jamais exact à 100 %, il sert à comparer des dispositions de façon structurée, pas à donner une vérité absolue.

Les claviers, en images

Chaque disposition est dessinée en SVG, avec les quatre (ou huit) niveaux, les touches mortes, la touche ISO supplémentaire et le pavé numérique. Deux affichages complètent la lecture :

  • la charge, en dégradé de vert, montre quelles touches vous sollicitez le plus ;
  • les problèmes, en rouge, signalent les caractères importants de votre profil qui exigent un modificateur lourd ou un grand écart de main — typiquement le \ de l’AZERTY français pour un profil shell.

Pourquoi c’est utilisable au quotidien

L’outil est une page statique : aucun serveur, aucun appel réseau, aucun cookie, aucune donnée stockée. Vous pouvez l’ouvrir, changer de disposition, comparer, fermer — rien ne quitte votre navigateur. L’interface est bilingue français/anglais.

👉 Essayer thebestkeyboard

Un mot d’honnêteté

Les corpus ne sont pas parfaits : le texte de bureau et de messagerie est une approximation, et certains caractères rares (comme @ dans les adresses et les mentions) sont sous-représentés dans les sources publiques — d’où une catégorie dédiée et un réglage spécifique. Le code source est ouvert, sous licence MIT, et chaque source de données est citée dans la page Crédits. Si vous trouvez une pondération discutable, elle est modifiable — et le débat est ouvert.

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